Reconnu à l'UNESCO en 2005 et classé en 1966 à l'Inventaire des Monuments Historiques, ce beffroi était appelé "la Tour de Beauval" jusqu'au 14e siècle. Siège de l'échevinage, ce symbole des libertés communales est typique dans le Nord de la France et en Belgique. Suite à de nombreuses invasions, le beffroi fut plusieurs fois détruit et reconstruit. Sa dernière restauration date de 1613. Cet élégant édifice "brique et pierre" à "bossage" a reçu la visite d'illustres personnages tels que Richelieu et le Dauphin Louis XIV.
S'élevant à 28 mètres de hauteur, l'agencement de pierres blanches et de briques rouges dites " à bossage " est une tendance esthétique très en vogue à l'époque d'Henri IV et de Louis XIII. Plusieurs particularités sont à signaler : le beffroi ne se dresse pas tout à fait au centre de la façade de la maison communale et est légèrement penché. De plus, il est couronné par une guérite recouverte d'ardoises et de forme allongée tout à fait atypique.
L'intérieur du beffroi comprend quatre étages, le rez-de-chaussée est le plus intéressant : entièrement bâti en pierres de taille, il est percé d'un grand porche et de trois portes perchées sur un perron. Sur la gauche on trouve le corps de garde, à droite la prison aujourd'hui occupée par l'office de tourisme et la porte centrale s'ouvre sur un vestibule voûté magnifiquement restauré en 1970.
Le beffroi contient trois cloches dont le célèbre bourdon Jeanne : en 1653, les Espagnols s'emparent de celle-ci à Auxi-le-Château. Le gouverneur de Doullens la reprend et la considérant comme butin de guerre l'installe dans le beffroi. Mais cette sonnante fondue en 1541 vient à manquer aux Auxilois, une délégation réclame le retour de sa cloche. Les doullenais, amoureux de celle-ci, finissent par la racheter, et c'est ainsi que Jeanne d'Auxi y sonne toujours les heures.
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