Cette horloge est la reconstitution de celle qui trônait place Gambetta avant 1940. Elle porte le nom de Louis Dewailly (maire d’Amiens 1873-1874) en reconnaissance du legs de 25 000 F qu’il avait laissé pour édifier une horloge utile aux passants (rares étaient ceux qui avaient une montre à cette époque). Seule, la statue est d’origine.
En 1896 Emile Ricquier (architecte du Cirque municipal d’Amiens) réalise l’horloge qui est installée place Gambetta. Au sommet d’une colonne métallique ouvragée enchevêtrée de volutes et de fleurs dans le style Art Nouveau, un balustre soutient ses trois cadrans, correspondant à trois directions et éclairés la nuit.
En 1898, une statue en bronze lui est adossée. Allégorie du Printemps, rebaptisée Marie sans chemise par le poète Edouard David, cette jeune femme dévêtue aux bras gracieusement levés est l’œuvre d’Albert Roze. Sa nymphe, en pierre cette fois, conservée au musée de Picardie, dresse vers le ciel une branche de pommier qu’elle n’a pas ici.
En 1940, la statue est déboulonnée et mise à l’abri des bombardements. La colonne restée sur place est retrouvée bien après la guerre, dans un terrain vague, disloquée et rouillée.
En 1965, Marie sans chemise est exposée seule sur un socle, sans la colonne, entre les rues Dusevel et Flatters, à deux pas de la place Gambetta.
Gilles de Robien (maire d’Amiens de 1989 à 2001) envisage de réhabiliter l’horloge. Il confie à l’architecte François Vasselle le soin de superviser la reproduction fidèle de la colonne d’après les plans d’origine d’Emile Ricquier conservés.
Le 31 décembre 1999, place Dusevel, l’inauguration de la nouvelle horloge fête notre entrée dans le 21e siècle, à quelques mètres de son emplacement d’origine.
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